LE MÂLE ENTENDU

Nancy Huston Voix
Jean-Philippe Viret Contrebasse
Édouard Ferlet Piano
Fabrice Moreau Batterie

déconseillé aux moins de 16 ans
texte et musique:
Jean-Philippe Viret, Édouard Ferlet, Fabrice Moreau
idée originale, mise en forme Nancy Huston
collaboration artistique Chloé Réjon
lumières Nathalie et Raphaël De Rosa
costumes Mina Ly
production Mélisse
photographie Eric Garault
artwork Béatrice Villemant
administratrice Jessica Régnier
Création au TRITON le 24mars 2011


« On ne naît pas femme on le devient » : affirmation beauvoirienne aussi célèbre que discutable.

Et homme ? On le naît ? On le devient ?
Qu’est-ce qu’un homme ? Comment fait-on à notre époque anti-machiste pour le devenir et le rester ?
Est-ce un rôle que l’on joue ou un  état que l’on revendique ?
Veut-on ressembler à notre père... à notre fils ?
Quelles sont les premières perceptions de la différence des sexes...
les premiers frissons érotiques... les premiers contacts ?
Comment voit-on les femmes ?
Garçon aujourd’hui, comment rêve-t-on, fantasme-t-on, fait-on l’amour ?
Trois grands musiciens de jazz ont discuté de ces thèmes devant un enregistreur,
avant d’imaginer la musique qui s’en inspire.
Une écrivaine les a interrogés et écoutés,
puis tissé leurs histoires diverses en une seule et même histoire.
Elle leur prête sa voix.


en tournée:

 

  • 24mars 2011 Triton - Les Lilas
  • 11 avril 2011 Maison d'arrêt de Fleury-Mérogis
  • 15 avril 2011 Deauville
  • 30 mai 2011 Le petithebertot - Paris
  • 1er octobre Collégiale St Mexme à Chinon
  • 20 octobre Festival de Jazz de Tourcoing  
  • 15 novembre Festival de Jazz de Boulogne-sur-Mer
  • 3 décembre Festival Automne après les vendanges à Sablet
  • 6 décembre Méjan en Arles
  • 20 janvier 2012 Amphithéâtre de L’Opéra de Lyon

 

administratrice de production Jessica Regnier

extrait audio mp3 ©mélisse:

Le talon d'achile

le service à asperge

PARTENAIRE: DRAC Ile-de-France
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Une rencontre

Mélisse Music a été créée à l’initiative du pianiste Edouard Ferlet, en décembre 2005 : la démarche consiste à accompagner des musiciens désireux de construire des projets authentiques et originaux qui promeuvent le jazz vivant d’aujourd’hui.
Après 7 productions en 4 ans, le label Mélisse, qui a toujours eu comme ligne directrice la qualité et l’inventivité musicale dans ses productions, a permis de faire vivre des projets ambitieux et originaux : représentant la nouvelle vague du jazz contemporain, il jouit d’une belle reconnaissance auprès de la presse spécialisée (ffff Télérama ; disque d’émois Jazzmag ; **** Jazzman ; must TSF ; R9 répertoire ; les Inrocks ; etc.), ainsi qu’auprès des artistes professionnels.
Après avoir réalisé L’Echarpe d’Iris, Echoes of Spring, Le Temps qu’il faut, Post Jazz (alias Entresilences), Dreamseekers, Filigrane, Magnetic Benzine et Pour, Mélisse souhaite aujourd’hui aller plus loin dans sa démarche artistique en développant ses productions en interaction avec les autres arts vivants.
Le projet Le Mâle entendu répond à ce désir de croiser les arts : il confronte le jazz, comme musique à la fois écrite et improvisée, à l’écriture littéraire. Ce projet original naît de la rencontre singulière entre le Trio de jazz Viret et Nancy Huston : Mélisse Music a répondu au désir de Jean-Philippe Viret de travailler sur les textes de l’auteure.


Un projet
Le Trio Viret réunit Jean-Philippe Viret à la contrebasse, Edouard Ferlet au piano et Fabrice Moreau à la batterie – chacun se faisant tour à tour compositeur et interprète. En 10 ans, le Trio a enregistré sept albums et s’est produit dans de nombreuses salles en France et à l’international.
Rencontrer Nancy Huston est une opportunité extraordinaire qui permet au Trio d’expérimenter la fusion de l’art des mots et de la musique. Nancy Huston, écrivain d’origine canadienne, est également une musicienne talentueuse : elle pratique le piano, le clavecin et la flûte. Musique et littérature sont indissociables dans son œuvre : nombre de ses romans traitent de la musique et du musicien (Les variations Goldberg, L’Empreinte de l’ange, Prodige) ; les mots s’écrivent chez elle en musique, ils font entrer dans l’écriture une dimension musicale sensible, se lient intimement aux sons, et donnent à la profondeur du propos une légèreté musicale libératrice.
Cette rencontre répond à l’ambition de croiser les arts, d'expérimenter de nouvelles dimensions du jazz en y faisant entrer la parole – expérience que le double talent de Nancy Huston intensifie. C’est le désir de travailler sur la création et l'improvisation propre au jazz, par la rencontre avec le dire – à la fois écrit, lu et chanté ; le choix d'aller plus loin dans la composition à trois en y ajoutant un artiste du domaine de la littérature, adepte des lectures-concerts ; et le souhait d’interroger le jazz dans son rapport aux mots, à l’écrit, aux genres (féminin/masculin), et à l’intime.
Cette rencontre sera mise en scène par Chloé Réjon, actrice reconnue qui travaille depuis plusieurs années avec Nancy Huston. De par son expérience de metteur en scène et de comédienne, elle dirigera les quatre artistes, leur fera découvrir le travail de comédien pour donner au spectacle une dimension théâtrale qui le distinguera d’un simple concert ou d’une lecture agrémentée de musique, respectant par là-même son processus de création.


Un double geste créateur
« On ne naît pas femme on le devient » :
Affirmation beauvoirienne aussi célèbre que discutable.
Et homme ? On le naît ? On le devient ?
Nancy Huston, auteure de renommée, activiste féministe dans les années 70, interroge ici la « nature » de l’homme en recueillant une parole inédite, celle de trois musiciens de jazz qui nous dévoilent leur intimité d’homme.
Ils abordent la place du corps, de la musique, de la femme et du désir dans leur vie ; ils nous parlent de leurs premières fois, de leurs certitudes et de leurs questionnements. Des anecdotes croustillantes, un langage sans fausse pudeur, une sincérité désarmante de simplicité donnent au texte une légèreté pleine d’humour, de sensibilité et de nuances. Le sacro saint « idéal masculin » qu’essaye d’imposer la société est ici interrogé en face par les premiers concernés, avec en perspective l’image de la femme.
Sur ce texte qui raconte leur histoire, les trois musiciens composent une musique originale, pour que mots et sons se répondent, qu’à l’intimité personnelle du récit se mêle l’intimité universelle de la musique. Leur univers musical est remis en jeu par la confrontation avec cet autre mode d’expression qu’est la littérature, avec ce regard féminin qui les questionne à l’endroit même de ce qu’on pourrait appeler leur virilité, leur image sociale.
La littérature se voit dépossédée de son auteure qui se donne à entendre en mots, en musique et en chant, grâce aux partitions que lui aura spécialement écrites le Trio.


« A ta place »
Un spectacle composé à quatre qui aurait pu s’appeler « A ta place » : sur scène, la femme, Nancy Huston, joue l’homme, s’approprie les propos des musiciens ; une femme dramaturge, récitante, qui se fait aussi musicienne et chanteuse ; des musiciens qui se racontent, qui s’improvisent auteurs et comédiens, qui passent de la musique aux mots, d’un instrument à un autre.
Tous les quatre évoluent dans une homogénéité spatiale qui abolit les distinctions habituelles entre musiciens d’une part et acteurs ou chanteurs de l’autre. Le spectacle se joue des genres : la narratrice porte des voix masculines ; le jazz porte la parole ; le mutisme habituel des musiciens se meut en chant, en témoignage, en partage de mots et de sons. Les instruments (piano, contrebasse, batterie) soutiennent la mise en espace : ils portent la parole, s’y mêlent, la font chanter ou tomber dans le silence. La musique traduit l’intime, l’au-delà des mots ; elle soutient le témoignage, l’enrobe de sensualité, improvise sur les sentiments ; elle universalise le propos, laissant chacun rêver à sa propre histoire : « Et si j’avais été à sa place, quel regard aurais-je porté sur le monde ? ». Un décor sobre, léger, qui met en valeur le jeu entre les artistes, la complicité de ce quatuor artistique qui s’aventure dans le transgenre, revisitant le cabaret et le café-concert.
Une fois sur scène, le spectacle fixé en mots et en notes se libère de l’écrit pour retrouver le principe même du jazz : l’improvisation. Mots et sons se réinventent, apprennent à se créer dans un geste commun ; l’écrit dramaturgique retrouve une liberté, une spontanéité : chacun se fait interprète et compositeur de l’instant, redonnant au spectacle vivant son sens propre, le libérant de la simple répétition du même, de la fidélité au seul écrit.
Les musiciens devront improviser en interaction avec ce qui sera dit ; la narratrice pourra également moduler son texte selon l’inspiration du moment. Le texte devra être dit comme si les artistes discutaient en temps réel : le travail du jeu de comédien sera important. Chacun se met à la place de l’autre : si les musiciens se font comédiens, la récitante se fait musicienne, jouant les morceaux que lui aura écrits le Trio, comme elle leur dit les paroles qu’ils ont prononcées. Le projet s’élabore dans un acte créateur global où chacun est investi, de la création à la production, pour finalement se redécouvrir dans l’improvisation comme art éminemment scénique.