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A Jean, grand-père de Jeanne Roulet
Mari de Mado Présentation du projetJean était musicien ; Jeanne, sa petite-fille, est graphiste. Comment trouver le point de jonction entre ces deux langages, le carrefour entre musique et typographie, pour rendre compte de la musique intérieure de Jean ?
Le projet Jean explore les réponses possibles : sur scène, piano, chant, projections, jeu tentent de recomposer la figure de Jean. Le spectacle prend la forme d’une enquête, parfois quasi documentaire, qui part sur les traces de ce Jean mélomane. Sur scène, objets, photos, lettres, musique et paroles sont autant de planètes gravitant autour de ce personnage central que l’on essaye de dire. Transgenre, trans-générationnel, Jean est un travail de transcription, de transmission et de traduction, pour tenter de rendre sensiblement la musicalité d’une âme. La genèse : une expérience graphiqueJeanne Roualet a mis au point un processus de transcription graphique des dernières paroles de Jean, celles qu’il lui répétait chaque soir au téléphone, peu avant sa mort. La musique d’une penséeJean avait un rêve : comprendre la musique contemporaine et devenir compositeur. Le chant des émotionsSur cette partition, le chant s’improvise en sons inarticulés. Eleonor Agritt a redonné à la voix, une voix chantée sans parole, toute sa place, en improvisant sur la partition d’Edouard Ferlet. Le processus musical qui découle du graphisme des phrases de JEAN, dirige d’emblée la voix chantée dans une couleur et un traitement particulier. Ici, la technique vocale se met au service de phrases musicales qui, plus que des mélodies, sonnent aussi comme des respirations, des interrogations, des points de suspension. Autant d’atermoiements de l’âme humaine. Les intervalles, les fragments mélodiques impliquent un tracé parfait de la voix dans le corps, doublé d’une attention portée à la respiration des personnages. Chaque fragment musical demande une recherche de timbre spécifique, parfois de plusieurs, pour rendre visibles les différentes voix intérieures. Ici, il n’est pas question d’un déroulé vocal classique, mais d’une recherche contemporaine de ce qu’est la voix et des possibilités du parlé au chanté. Si la technique vocale est nécessaire et sollicitée, elle demeure aussi au service de la partition et de l’émotion. Ce sont les différentes voix de l’histoire de Jean qui sont à entendre. Les jeux, les échappées ludiques, rires, chuchotements, variations de rythmes sont des portes vers l’expression multiple des émotions. Quant aux chansons écrites par Fabrice Melquiot, dont Edouard Ferlet a composé la musique, elles s’inscrivent dans une logique plus posée où la parole prend sa place dans la mélodie ; elles restent tendues sur un fil où la voix chantée doit s’épanouir sans oublier celle qui parle, toujours prête à raconter. Le retour aux motsLes mots reprennent leurs places, projetés ou récités. Le texte de Fabrice Melquiot vient tisser une histoire autour de la vie de Jean dont il fait un personnage littéraire et universel. Ce n’est plus seulement les mots de Jean, étiolés, rares, fatigués, mais ceux d’un écrivain qui transcrit dans son style ce qu’il perçoit de cet être. Jean est une pièce documentaire qui part à la recherche d’un disparu, oscillant entre preuves concrètes de l’existence de Jean et interprétation poétique de ce qu’il fut. Musique, mots, chants, images constituent la figure de l’absent et composent la constellation Jean. Ateliers pédagogiquesL’équipe anime des ateliers pédagogiques en direction des élèves autour de la transcription graphique d’une parole en musique, du traitement d’un témoignage contemporain en une expression artistique, avec pour thème la transmission d’une génération à une autre, la transcription d’un langage en un autre. Extrait du texte inédit de Fabrice Melquiot, JEAN
Biographies
Jeanne Roualet (artwork, scénographie) Contacts et liens
www.edelsound.com
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